Soirée des Mérites Concordia 2011

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Maxime Chambreuil

“Ce soir, c’est ton soir.” Philippe avait certainement trouvé la formule afin de me préparer pour ma première soirée des Mérites. Le lendemain même, j’ai encore du mal à réaliser.

Vendredi 28 octobre 2011, 18h30. Philippe fait sonner mon cellulaire. Par cela, je comprends qu’il est devant chez moi pour nous conduire à la soirée. Alors que le commun des mortels aurait simplement frappé à la porte, lui vous fait chercher votre cellulaire… Une tactique incompréhensible, comme sur le terrain en fait!

Alors qu’on se dirige tranquillement vers Montréal-Nord, Philippe nous réclame une pause « digestion bière » (la bonne tenue française m’empêche d’utiliser un mot plus courant). Le voir en pleine action dans la discrétion de ses feux de voiture est d’une rare intensité. C’est presqu’aussi étrange que voir Nico Pépetin marquer un beau but. Ca y est! On repart et Franck lit l’adresse de la salle où l’on doit se rendre… Cinq minutes plus tard, après l’avoir manquée, Philippe profite de faire demi-tour pour faire une seconde pause « digestion bière ». Note pour plus tard : amener des couches pour le prochain match de la D4. Alors que l’on voyait encore le dos de Philippe dans la lumière de ses phares, Franck me confie ses problèmes de chevilles. C’est que le capitaine de la D4 n’était vraisemblablement pas préparé à remplacer Nico Pépetin sur le podium durant la soirée! Il était fier le capitaine au brassard pourri! Ah les paillettes…

Enfin! Nous arrivons à la soirée. Un homme se dirige vers nous. Veste en cuir, jean moulant et regard patibulaire… mais c’est Rémy! Nous voilà donc fin prêts à rentrer dans la salle où tout le monde était en cravate sauf nous et la caricature du fan de Johnny. En arrivant à notre table, Philippe salue nos voisins avant que Franck ne dise à Rémy : « Moi, je leur dis pas bonjour ». Mon voisin ne parle pas français et son anglais est nourri d’un accent difficile à comprendre. Je sens déjà le fiasco pour cette soirée. Angie et Sylvia arrivent alors que les longs discours pénibles comme la pluie n’ont fait que commencer. La capitaine des filles regarde les bouteilles de vin avec toute la misère du monde dans ses yeux. Il faudra patienter pour se servir. Attendre que le plus vieux finisse de remercier les autres moins vieux et que tout le monde applaudisse.

Je commence à parler de mes buts à mon voisin. Il me répond : « Je suis entraîneur des White Eagles. Je suis ancien international polonais et j’ai joué à Liège, en Belgique. » Ok, on va parler d’autres choses… À peine le temps de me retourner, qu’Angie et Sylvia avaient englouti le vin blanc. Bon, enfin les récompenses pour les buteurs arrivent. Alors que je me préparais à saluer la foule avec ma coupe et mon ballon, j’ai senti quelqu’un presser le pas derrière moi. C’était Franck, heureux d’être dans la foule des buteurs. Le photographe nous plaça derrière les buteurs des championnats mineurs : « Mais les filles sont plus grandes que moi! » Merci Franck. La crédibilité de l’ASUF en a pris un coup.

Le repas suit son cours mais les Latinas et les Polonais ayant sifflé tout le pinard, on se retrouvait vite à sec. C’est alors que Philippe réalisait le geste de la soirée : ouverture de bras vers la secrétaire de Concordia suivie d’une double accolade. Cette initiative nous permit de récolter deux bouteilles à la plus grande joie d’Angie. Philippe eut le temps de faire une pause pipi (à 23h, on était moins classe) et on pouvait retourner à la maison. Comme d’habitude, l’ASUF a fait le boulot!